Que voir et faire en Roumanie ?

S’il y a bien un pays sous-coté en Europe de l’Est, c’est la Roumanie ! En plus d’être un pays latin; ce qui facilite la compréhension des panneaux et des conversations, de nombreux locaux parlent aussi français. Encore peu touristique, la Roumanie a pourtant énormément à offrir; châteaux légendaires, randonnées entre lacs et montagnes, monastères classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, sans oublier la région du Maramures, où le temps semble s’être arrêté.

Je vous propose ci-dessous quatre villes aux ambiances très différentes pour composer un itinéraire varié et contrasté à travers la Roumanie.

Si vous avez un peu de temps devant vous ou si vous préférez explorer les villes plutôt que les montagnes, voici trois autres destinations à ne pas manquer : Brașov et ses remparts médiévaux, Cluj-Napoca la dynamique et l’étudiante, ou encore Timișoara, célèbre pour son architecture de style sécessionniste.

Bucarest

La capitale de la Roumanie, située au sud-est du pays, est surnommée la « Paris de l’Est »; notamment en raison de son architecture du XIXe siècle et de son petit Arc de Triomphe. On y trouve des rues commerçantes piétonnes animées, bordées de nombreux restaurants et bars. Mais je vous recommande également de vous perdre dans ses « passages » : des rues couvertes, colorées, principalement occupées par des bars à chicha aux terrasses cosy.

Le Parlement roumain vaut le détour, ne serait-ce que pour son style imposant hérité de l’époque communiste dictatoriale. Les grands parcs, comme le parc Izvor, ainsi que les nombreuses places du centre-ville, méritent aussi d’être explorés. Vous pouvez également visiter le Mémorial de l’Holocauste, le Musée national d’Histoire de Roumanie, ou encore l’Athénée Roumain, selon la programmation.

Si vous souhaitez goûter une spécialité roumaine; je vous recommande la boulangerie Scovergăria Micăi, qui propose d’excellentes galettes frites à la roumaine, sucrées ou salées.

Bucarest convient aussi bien aux fêtards au budget limité qu’aux familles en quête d’une escapade dans un pays de l’Est à l’âme latine. La ville étant relativement petite; 1 à 3 jours suffisent largement pour s’imprégner de son atmosphère, à la fois parisienne et orientale.

La Roumanie ne se résume toutefois pas à Bucarest. Bien qu’elle constitue un excellent point d’entrée, le pays mérite d’être découvert à travers ses châteaux, ses monastères et sa chaîne de montagnes : les Carpates.

Sighișoara

Cette ville a été mon coup de cœur en Roumanie. Perchée en hauteur, très colorée, elle se distingue par ses ruelles sinueuses et étroites, typiques des villes médiévales de Transylvanie. Nichée au centre du pays, Sighișoara est une étape incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir une ville fortifiée restée authentique.

Assez touristique, elle abrite de nombreuses boutiques de souvenirs, ainsi que des restaurants et des bars charmants. Vous pouvez choisir de visiter son centre historique accompagné d’un guide; ou simplement vous perdre dans le labyrinthe de ses rues, en passant par la Tour de l’Horloge, la Maison de Dracula, les différents points de vue depuis la forteresse; ou encore son célèbre escalier couvert des étudiants, construit au XVIe siècle.

Sighișoara est toutefois peu adaptée aux familles avec poussette ou aux jeunes enfants, en raison de ses nombreuses montées, escaliers ou rues pavées. La vieille ville se visite aisément en une demi-journée; mais si vous souhaitez découvrir la ville basse, plus moderne et située près du fleuve, prévoyez un à deux jours complets.

Sibiu

Située légèrement au sud-ouest de Sighișoara, Sibiu fait partie des grandes villes historiques de la Transylvanie. On y trouve de magnifiques maisons bourgeoises colorées, aux toits pentus et aux lucarnes en forme d’yeux, surnommées les « yeux de Sibiu ».

La ville offre un mélange harmonieux d’architectures médiévale, gothique et baroque saxonne, hérité de son passé en tant que cité fondée au XIIe siècle par les colons germaniques, appelés les Saxons de Transylvanie. Ce patrimoine est remarquablement bien conservé, ce qui a permis à Sibiu d’être classée parmi les plus beaux centres historiques de Roumanie. Elle a d’ailleurs été nommée capitale européenne de la culture en 2007.

Renseignez-vous sur les nombreux événements organisés en été, car la ville est particulièrement animée durant cette période. Parmi les temps forts : le marathon de la ville (mai), le Festival international de théâtre (juin), le Sibiu Cycling Tour (juillet); ou encore le célèbre Artmania Festival, dédié aux amateurs de rock, métal et musique gothique, qui se tient en août, en plein cœur de la Grande Place.

En dehors des festivals, la ville regorge de trésors à découvrir : ses petites et grandes places, la Tour du Conseil à gravir pour une vue panoramique sur les environs, ou encore le Pont des Mensonges, construit en 1859, à ne pas manquer. Côté culture, ne manquez pas le Musée de la Pharmacie, riche d’histoire, ou encore le Musée Brukenthal; qui abrite de nombreuses œuvres d’art médiéval, notamment d’influence flamande et hollandaise.

N’hésitez pas à louer un vélo : Sibiu est une ville bike-friendly, idéale pour se déplacer facilement. Le parc Sub Arini et la forêt de Dumbrava sont d’excellents endroits pour pédaler au calme et à l’ombre.

À mon avis, Sibiu est un excellent point de chute pour séjourner quelques jours et rayonner en Transylvanie en voiture. Sachez également qu’un aéroport international se trouve à seulement 40 minutes de la ville en transport en commun. Cosmopolite, accessible et animée; Sibiu saura séduire tout type de voyageur, pour un séjour de quelques heures comme de plusieurs jours.

Viscri

Viscri est un petit village isolé, niché entre Brașov et Sighișoara, à l’est de Sibiu. Si vous aimez les endroits reculés, empreints d’histoire, je vous recommande vivement d’y faire une halte. Véritable musée à ciel ouvert, ce village typique abrite une église fortifiée remarquablement bien conservée; ainsi que quelques boutiques de souvenirs installées directement dans les habitations traditionnelles. C’est un site qui gagne en notoriété et pourrait devenir très touristique dans les années à venir.

À mes yeux, c’est une véritable pépite, accessible pour quelques euros par personne. On y découvre une petite église fortifiée, entourée de remparts, dans une ambiance authentique et intemporelle. L’immersion est totale : vous pourrez visiter les greniers, des espaces d’habitation, des zones de stockage alimentaire, et bien sûr, la tour de guet, accessible après avoir gravi plusieurs dizaines de marches.

La visite est également intéressante à faire en famille, à condition que les enfants puissent monter les escaliers seuls. L’église étant perchée sur une colline, prévoyez quelques montées pour y accéder. Comptez quelques heures pour visiter l’église fortifiée et faire le tour du village.

Nichée au nord-ouest de la Roumanie à la frontière Ukrainienne, la région de Maramureș est un véritable trésor hors des sentiers battus, où le temps semble s’être arrêté. Ici, entre les petites villes pleines de charme comme Sighetu Marmației ou Vadu Izei; la campagne offre un visage authentique rappelant la France rurale des années 50 : champs cultivés à la main, charrettes en bois et une vie agricole encore très peu mécanisée. La région de Maramureș est aussi une terre d’histoire et de légendes, fière de son héros local, Bogdan Vodă, en statue dans la ville du même nom.

Mais ce qui frappe avant tout, c’est l’art du bois : les portails monumentaux sculptés à la main, les maisons traditionnelles construites sans un seul clou, et les monastères orthodoxes aux toits élancés témoignent d’un savoir-faire ancestral unique en Europe. Un voyage dans cette région, c’est une immersion dans une Roumanie profonde, sincère et extraordinairement vivante.

Si vous cherchez des activités hors sentiers battus ou insolites dans les pays de l’Europe de l’Est voici ma petite sélection.

La Roumanie est traversée par les Carpates; la principale chaîne de montagnes du pays, avec des sommets atteignant jusqu’à 2 500 mètres d’altitude. En hiver, les paysages alpins sont profondément enneigés grâce à un climat continental marqué. En été, ces montagnes deviennent des lieux privilégiés pour la randonnée.

Plusieurs parcs nationaux parsèment le territoire. Le droit d’entrée est d’environ 2 € par personne, généralement à régler via un QR code :

  • le Parc naturel de Bucegi : Situé dans les Carpates méridionales, à proximité de Brașov, ce parc très touristique est fréquenté par les grands carnivores tels que l’ours, le loup ou le lynx. Il propose des sentiers adaptés à tous les niveaux de randonnée.
  • le Parc National Piatra Craiului : Également dans les Carpates méridionales, près de Brașov, ce massif spectaculaire est connu pour sa longue crête calcaire de 25 km. Il offre de nombreux sentiers balisés, dont le célèbre itinéraire de « la crête de Piatra Craiului« . Sa faune est riche (ours, loups, chamois) et le terrain s’adresse plutôt aux randonneurs confirmés. Le parc reste assez touristique.
  • le Parc National Cheile Nerei : Localisé dans les Carpates occidentales, au sud-ouest de la Roumanie, près de la frontière serbe. Il se distingue par ses gorges impressionnantes et ses cascades d’eau turquoise, comme Cheile Nerei, la cascade Beușnița et le lac Ochiul Beiului. Les sentiers sont bien entretenus, idéals pour une escapade en famille, avec possibilité de baignade en rivière. Ce parc est nettement moins fréquenté que les précédents.
  • le Parc National Retezat : Situé dans les Carpates du Sud-Ouest; il comprend plusieurs sommets dépassant les 2 000 mètres d’altitude, ainsi que de nombreux lacs glaciaires, dont le splendide lac Bucura. Classé réserve de biosphère par l’UNESCO, ce parc s’adresse aux randonneurs de haute montagne et aux amateurs de photographie. Il reste peu touristique, ce qui en fait un lieu paisible et préservé.

Respecter les règles de sécurité à tout moment dans ces parcs concernant les ours et autres grands carnivores. À savoir : ne laissez aucune nourriture dans les sacs ou tentes, randonnez en groupe; surtout tôt le matin ou en fin de journée, suivez les sentiers balisés et évitez les zones non cartographiées. Des panneaux d’avertissement sont parfois visibles sur les chemins où les ours sont connus.

Voici un site de nos amis Canadiens qui eux aussi ont souvent à faire à ces grands carnivores : Que faire lors d’une rencontre avec un ours.

De plus, gardez votre téléphone portable allumé en permanence : des messages d’alerte peuvent être envoyés par les autorités locales pour signaler la présence d’ours à proximité, notamment dans les villes situées dans les Carpates.

Que vous soyez passionné d’histoire, de légendes ou simplement en quête de paysages de conte de fées, ces quatre châteaux roumains vous offriront un voyage inoubliable entre mystère, royauté et forteresses ancestrales.

Si vous voulez en savoir plus, rendez sur mon Youtube pour découvrir l’épisode dédié à ces châteaux.

Citadelle de Fagaras

Située au pied des Carpates, cette forteresse médiévale est l’une des mieux conservées d’Europe de l’Est. Construite au XIVe siècle, elle a servi de résidence princière et de prison politique. Entourée de douves, elle impressionne par son architecture sobre mais puissante. Un lieu fascinant pour les amateurs d’histoire militaire et féodale.

Ce qui m’a le plus plu, c’est son intérieur richement décoré et très réaliste; qui plonge immédiatement dans une ambiance médiévale. De plus, il est peu fréquenté comparé à d’autres châteaux, ce qui, selon moi, en fait une visite incontournable. Prévoir environ 2 heures pour la visite, avec un tarif de 6 € par adulte.

Chateaux de Bran

Connu dans le monde entier comme le « château de Dracula », Bran attire chaque année des milliers de visiteurs. Perché sur un rocher, ce château gothique du XIVe siècle dégage une atmosphère mystérieuse. Bien qu’aucune preuve historique ne relie Vlad l’Empaleur à ce lieu, la légende continue de séduire. L’intérieur, richement décoré, reflète davantage le style royal que vampirique.

J’ai été agréablement surprise par ce petit château au charme labyrinthique, bien conservé, et surtout par sa magnifique cour intérieure, que l’on peut admirer à 360° depuis les balcons. Comptez environ 14 € par adulte pour une visite d’1h30. Il est également possible d’explorer les extérieurs, de visiter la boutique de souvenirs et de profiter d’activités annexes (en supplément).

Château de Peleș

Joyau de l’architecture néo-Renaissance, le château de Peleș, situé à Sinaia, était la résidence d’été du roi Carol Ier. Construit à la fin du XIXe siècle, il étonne par son raffinement, ses boiseries sculptées, ses vitraux colorés et sa technologie en avance sur son temps (électricité, chauffage central, ascenseur). Un lieu à la fois somptueux et romantique, idéal pour les amateurs d’art et d’architecture.

Malheureusement, le château était en travaux lors de ma visite, mais les extérieurs offraient déjà un bel aperçu de la richesse de l’intérieur. Comptez environ 1h45 pour une visite guidée à réserver sur ce site, au tarif de 20 € par personne.

Château de Hunedoara

Aussi appelé château des Corvin, c’est l’un des plus grands châteaux gothiques d’Europe. Avec ses ponts suspendus, ses tourelles élancées et son allure médiévale spectaculaire, il semble tout droit sorti d’un conte fantastique. Ancienne résidence de la famille Hunyadi, il est chargé d’histoire et de légendes, ce qui en fait une étape incontournable dans l’ouest du pays.

Encore un château magnifiquement bien conservé, avec de nombreuses pièces, tours et escaliers à explorer. Il offre également de superbes points de vue sur les environs. Comptez environ 2 heures de visite, avec une application proposant un audioguide, pour 10 € par personne.

Ces monastères offrent une immersion unique dans l’art religieux byzantin et moldave : classés au patrimoine mondiale de l’UNESCO ou reconnus pour la finesse de leurs fresques, mosaïques et architectures fortifiées. Les tarifs d’entrée sont généralement modestes. Pour une visite complète, prévois au moins 30 min à 45min par site.

Si vous souhaitez découvrir en vidéo l’aspect de ces magnifiques monastères, rendez-vous sur ma chaîne YouTube : @CassandraVoyage.

  • Le monastère de Sucevita : Dans la région sud de la Bucovine, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il combine architecture byzantine et gothique et fresques intérieures et extérieures remarquables, prix : 2€ par personne.
  • Monastère de Dragomirna : 10–15 km au nord de Suceava, dans la plaine boisée, immense tour/forteresse de 42 m, musée d’art médiéval religieux (manuscrits, icônes, croix en cèdre), fresques intérieures, remarquablement sculpté, prix : gratuit.
  • M. de Voronet : près de Gura Humorului, comté de Suceava, surnommé « la Sixtine de l’Est », célèbre pour le « bleu de Voroneț » unique dans ses fresques extérieures (Jugement dernier, Arbre de Jessé), prix : 2€ par adulte.
  • Monastère de Moldovita : Comté de Suceava, fondé en 1532, classé patrimoine mondiale de l’UNESCO, murs et tours fortifiés, fresques intérieures et extérieures datant de 1537, dans des tons ocres, rouge brique, jaune et bleu. Entrée gratuite.
  • Monastère de Probota : Village de Probota, Comté de Suceava, fondé en 1530 par Petru Rareș, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, remarquable pour ses fresques et son statut d’édifice historique.

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